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La population étrangère résidant en France



 

n°10 - Octobre 2009

L’auteur :
Corinne Régnard
Adjointe au chef de la division « Enquêtes et Etudes statistiques » au DSED.


 

 

Au 1er janvier 2006, l’INSEE estime à 3,5 millions le nombre d’étrangers résidant en France métropolitaine. Ils représentent alors 5,7 % de la population. Deux étrangers sur cinq sont originaires du Portugal, d’Algérie ou du Maroc ce qui porte la population des ressortissants d’un pays de l’Union européenne à 25 à 1,2 million et celle des ressortissants d’un des trois pays du Maghreb à 1,1 million. Les étrangers sont un peu plus jeunes que les Français : ils ont en moyenne 38,9 ans. Les régions Île-de-France, Rhône-Alpes et Provence Côte-d’Azur restent celles qui abritent le plus d’étrangers : elles en regroupent 60 %.

Au fil des décennies s’est constituée une population étrangère très diverse dans sa composition ou dans l’ancienneté de sa présence. C’est aussi une population mouvante : une partie a vocation à acquérir la nationalité française, une autre est appelée à revenir dans son pays d’origine ou à partir pour une autre destination. Au 1er janvier 2006, l’INSEE estime que 3,5 millions d’étrangers résident en France métropolitaine. Entre 1999, date du dernier recensement de la population, et 2006, la population étrangère a augmenté plus vite que l’ensemble de la population résidant en France (8,7 % contre 4,9 %).

La part des étrangers au sein de l’ensemble de la population totale fluctue sensiblement selon les périodes considérées (cf. Graphique 1). Entre le recensement de 1946 et celui de 1982, cette proportion a augmenté régulièrement pour atteindre 6,8 %, puis a baissé dans les années suivantes. En 2006, elle augmente légèrement par rapport à 1999, pour s’établir à 5,7 % de l’ensemble de la population ce qui s’explique par une croissance plus élevée des étrangers pendant la période intercensitaire. Parmi eux, on dénombre 528 700 étrangers nés en France : la plupart d’entre eux deviendront Français du fait du droit du sol, cette possibilité étant offerte dès l’âge de 13 ans ce qui explique la singularité de la répartition par âge des étrangers (cf. Graphique 3).

Deux étrangers sur cinq (40,4 %, cf. Graphique 2) sont originaires du Portugal, d’Algérie ou du Maroc : ces trois nationalités représentent près d’1,5 million de personnes. De ce fait, la population étrangère en France se compose pour 35 % de ressortissants de l’Union européenne à 25 (cf. Tableau 1), de 31 % de ressortissants d’un des trois pays du Maghreb et de 13 % de ressortissants asiatiques. Au total, la part des Européens baisse depuis 1975 (61 % en 1975 contre 40 % en 2006) au profit de celles des Africains (35 % contre 43 %) et des Asiatiques (3 % contre 13 %).

Comme en 1999, 1,2 million d’étrangers sont des ressortissants d’un pays de l’Union européenne à 25. Cette stabilité résulte d’un double mouvement : les Espagnols, les Italiens voient leur nombre baisser du fait des décès alors que les Portugais acquièrent plus massivement la nationalité française. Ainsi, plus de 70 000 Portugais sont devenus français pendant cette période, les deux tiers au-moins ayant fait une démarche pour l’obtenir par anticipation avant leur majorité.

 

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Graphique 1 : Part (en pourcentage) des étrangers dans la population totale aux différents recensements de la population depuis 1851 - France métropolitaine.
Source : INSEE. Notes : 1. De 1851 à 1876, il s’agit de la population résidant en France au moment du recensement. 2. De 1881 à 1936, il s’agit de la population présente en France au moment du recensement. 3. Depuis, population résidant habituellement en France.

 

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Graphique 2 : Les étrangers selon leur nationalité en 1999 et 2006 - France métropolitaine.
Sources : INSEE, recensements de la population 1999 et 2006.

 

Les ressortissants d’un pays du Maghreb sont 1,1 million, un peu moins nombreux en 2006 qu’en 1999, en raison notamment de la baisse du nombre des Marocains (-46 000). Près de 280 000 Marocains ont acquis la nationalité française, hors acquisition automatique, entre 1999 et 2006. Les étrangers d’une autre nationalité africaine sont 430 000, en hausse de plus de 50 % depuis 1999. Au total, la part de l’Afrique se stabilise autour de 43 %. Enfin, le nombre des ressortissants d’origine asiatique augmente (+13,3 % entre les deux derniers recensements) malgré une baisse du nombre des Cambodgiens, Laotiens et Vietnamiens (-19 000). Cela s’explique par une présence accrue des Turcs (+6,3 %) mais surtout de celle des ressortissants chinois, malgré des effectifs encore faible (+133,7 %), ou plus généralement d’un autre pays d’Asie (+22,1 %).

Les étrangers sont un peu plus jeunes que les Français : ils ont 38,9 ans en moyenne contre 39,8 ans pour les Français, cette différence d’âge étant tout particulièrement prononcée pour les femmes (38 ans pour les étrangères contre 41,4 ans pour les françaises). C’est une population qui se renouvelle fortement et dont les plus âgés acquièrent souvent la nationalité française. En 2006, 4,2 % des personnes âgées de 65 ans ou plus sont étrangères (contre 5,8 % tous âges confondus). La pyramide des âges des étrangers (cf. Graphique 3) présente une particularité due à la possibilité qu’ont les mineurs nés en France de devenir français par anticipation. Jusqu’à 13 ans, la proportion d’étrangers est très voisine de celle observée pour l’ensemble de la population. Ensuite, de 14 à 17 ans, la part des étrangers est de 2,6 %, très inférieure à la proportion tous âges confondus (5,2 %).

En 2006, trois régions métropolitaines regroupent 60 % des étrangers (cf. Carte 1). Ainsi, quatre étrangers sur dix résident en Île-de-France, les régions Rhône Alpes et Provence Côte d’Azur suivent loin derrière (11 % et 9 %). Un habitant d’Île-de-France sur huit est étranger. La part des étrangers est également supérieure à la moyenne nationale en Corse et en Alsace (de l’ordre de 8 %). À l’opposé, les étrangers sont peu présents dans l’ouest de la France. En Bretagne, en Basse-Normandie et dans les Pays de la Loire, ils forment moins de 2 % de la population.

 

 

 

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Graphique 3 : Pyramide des âges de la population française et étrangère au 1er janvier 2006 - France métropolitaine.
Source : INSEE, recensement de la population 2006.

 

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Carte 1 : Part (en %) des étrangers en 2006 par région - France métropolitaine.
Sources : INSEE, recensement de la population 2006.

 

 


Directeur de publication : Jean-Patrick Bernard
Rédacteur en chef : Nicole Cadenel
Maquette : Evelyne Coirier